La moralité est un genre littéraire et théâtral du Moyen Âge et du , didactique et allégorique. Elle met en scène des personnages allégoriques, représentant les vices et vertus des hommes ainsi que les défauts de la société ; le thème central est l’antagonisme entre Bien et Mal. Cette forme dramatique apparaît à la fin du et se développe au surtout en France et en Angleterre ; elle disparaît après les années 1550-1560. La moralité veut donner du monde une explication allégorique. Elle connaît un grand succès au , à une époque qui aime le didactisme imagé, et disparaît progressivement au quand le théâtre se tourne vers l’imitation de la réalité, conformément à la mimésis aristotélicienne. Les pièces sont de taille très variable : on trouve d’une part des moralités courtes (197 vers pour L'Eglise et Le Commun ; 262 vers pour la Moralité du Cœur et des cinq sens de l’homme par exemple ; la moyenne est de 1000 vers) avec quatre ou cinq personnages et sans action dramatique véritable ; certaines de ces moralités ont des intentions satiriques très nettes (Marchebeau par exemple) d’autre part, des moralités longues, de plusieurs milliers de vers (jusqu’aux 30 000 vers de Simon Bourgouin pour L'Homme juste et l'Homme mondain), qui mettent en scène des dizaines de personnages et font assister à toute une histoire édifiante : dans ces derniers cas, leurs thèmes et leurs modes de représentation s’apparentent à ceux des mystères religieux de la même époque. La moralité relève autant du théâtre religieux que du théâtre profane : on y trouve des pièces religieuses et édifiantes mais aussi des moralités à tonalité satirique, voire politique ; avec la Moralité du Concile de Bâle en 1434 ou des pièces comme la Moralité à cinq personnages, la Moralité du Pauvre peuple, apparaît un théâtre qui pose des questions autant politiques que religieuses sur l’état de la société.