thumb|right|L’Empire romain vers 271 avec l’Empire des Gaules (vert) et celui de Palmyre (jaune). La crise du de l’Empire romain couvre la période de 235 à 284 et se caractérise par une série de crises qui ébranle les fondements mêmes de l'empire. Anciennement appelée « Anarchie militaire », cette période débute alors que s’éteint la dynastie des Sévères, laquelle, après les troubles de l’année des cinq empereurs (193), avait réussi à donner une certaine stabilité à l’empire. Elle s’étend de la mort de l’empereur Sévère Alexandre (r. 222 - 235), assassiné par les troupes de Maximin le Thrace (r. 235 - 238), à la mort de Carin (r. 282 - 285) et prend fin avec l’avènement de Dioclétien (r. 284 - 305). Gouverné par ce qu’il est convenu d’appeler les « empereurs-soldats », l’empire doit faire face sur le plan intérieur à une série de crises politiques, économiques, sociales et religieuses. Sur le plan extérieur, de nombreuses tribus germaniques menacent l’Imperium Romanum, pendant que, remplaçant les Parthes, le nouvel empire perse des Sassanides cherche à s’étendre aux dépens de l’Empire romain. Ces invasions en Asie mineure et en Europe d’une dimension inconnue au mettent à rude épreuve les capacités de l’armée à protéger les frontières. De plus, de nombreux coups d’État, la sécession temporaire de certains territoires (l’« empire des Gaules » de 260 à 274 et l'empire de Palmyre vers la même période), la paralysie des moyens de transport, la pression fiscale et la crise de la production affectant les provinces amènent l’empire au bord du gouffre. La crise atteint son paroxysme en 260. Toutefois, grâce à des réformes en profondeur de l’armée et de l’économie d’une part, au relâchement de la pression des barbares sur les frontières d’autre part, l’État romain réussit à se stabiliser et l’empire survécut. L’interprétation des sources pour cette période se révèle difficile entre autres parce qu’il n’existe pas de description générale des événements qui ait été, dans le monde latin, écrite par un contemporain.