L’architecture nazie désigne l'architecture officielle allemande sous le régime national-socialiste. Ce concept tente de mettre en valeur un certain nombre de caractéristiques communes dans les commandes architecturales de l'État et du parti national-socialiste entre 1933 et 1945 et dans la réalisation des projets qui ont découlé de ces commandes. De façon générale, l'architecture revêt une importance particulière pour les dirigeants politiques, en particulier pour les dirigeants des États totalitaires. En effet, ces derniers y voient un moyen d'influencer d'autres aspects de la vie des citoyens de leur État que ceux qu'ils contrôlent déjà par le biais des institutions totalitaires. La plupart de ces régimes politiques, en particulier les nouveaux, souhaitent marquer de leur empreinte tant de façon physique qu'émotionnelle les territoires des États dont ils ont pris le contrôle. Ainsi, à leurs yeux, la construction de bâtiments et de monuments constitue une des façons les plus efficaces d'y parvenir. Les nationaux-socialistes croient que l'architecture jouerait un rôle majeur dans la création de leur ordre nouveau. Leurs projets visent à des biens culturels et une renaissance spirituelle en Allemagne dans le cadre du Troisième Reich. Comme pour tous les aspects de la dictature nationale-socialiste, la politique architecturale du régime était déterminée par les choix et préférences personnels d'Adolf Hitler. En effet, ayant souhaité intégrer une école d'architecture avant la Première Guerre mondiale, ce dernier confie à Speer le soin de dessiner les plans des édifices destinés à magnifier le Reich renouvelé de 1933, cet essor architectural public devant se placer dans la filiation de la magnificence de l'architecture publique grecque et romaine. L'idée que Paris était la plus belle ville du monde était partagée par Hitler et il souhaitait la surpasser. De plus, pour Hitler, la grandeur d'une nation se manifeste aussi par la taille et l'importance des édifices publics, les cathédrales gothiques succédant aux temples et aux édifices publics romains.