La chasuble est un vêtement sacerdotal à deux pans et sans manche avec une ouverture pour la tête, que le prêtre revêt par-dessus l'aube et l'étole pour célébrer la messe, ou d'autres actions liturgiques précédant ou suivant immédiatement la messe. Le mot vient du latin casula, qui signifie « manteau sans manches ». On l'appelle également pænula en latin (comme le manteau que l'apôtre Paul avait oublié à Troas lors d'un de ses voyages). C'était en effet, à l'origine, une vaste rotonde qui enveloppait complètement le prêtre, appelée chasuble romane ou chasuble cloche. Au centre, il y avait un trou pour passer la tête et on la relevait sur les bras pour dire la messe. À force de l'enrichir de parements, de broderies, de fils précieux (or, argent), le tissu s'est épaissi et la pliure est devenue impossible, le vêtement incommode : il fallait deux assistants à chacun des prélats lors du sacre royal à Reims pour soutenir les pans des vêtements. On a donc échancré les côtés, aboutissant à Rome aux et s à une forme s'éloignant nettement de l'antique planeta, la chasuble romaine, parfois appelée « baroque », souvent très épaisse et ornée. La forme variait légèrement selon les pays. En France, on pouvait en voir dans les églises majeures pour les grandes cérémonies, les petites paroisses, souvent pauvres, adoptant une forme plus réduite encore, comme celle que l'on peut voir sur les représentations du Curé d'Ars. Appelée familièrement « boite à violon » ou chasuble « violon » en raison de la forme de sa partie antérieure, très étroite au niveau de la poitrine, qui n'était suspendue que par deux petites bandes de tissu, sa partie postérieure ne dépassait guère la largeur des épaules. En Espagne, la partie postérieure de la chasuble, comme sa face antérieure, se rétrécissait légèrement au-dessous des épaules pour s'évaser et s'arrondir en son bas. thumb|left|Chasubles « semi-gothiques ».