Julien Freund, né le à Henridorff et mort le à Colmar, est un philosophe, sociologue et résistant français. Freund fut un , selon Pierre-André Taguieff. Son œuvre de sociologue et de théoricien du politique prolonge celle de Carl Schmitt. Il fut aussi un médiateur entre les pensées allemande et française. Il participa aux travaux du GRECE. Parlant le francique lorrain du fait de son lieu de naissance, Julien Freund s’exprimait par ailleurs aussi bien en français qu’en allemand. Par ses traductions et ses travaux, il est considéré comme le principal introducteur de Max Weber en France même si certaines de ses traductions sont aujourd'hui contestées. Il publia un grand nombre d’articles en français ainsi qu'en allemand et ses œuvres ont été traduites en près de 20 langues. Né à Henridorff (Moselle) le , d'un père ouvrier socialiste et d'une mère paysanne, Julien Freund était l'aîné de six enfants. Il est bachelier à 15 ans en 1936. Après la mort de son père en 1938, il doit interrompre prématurément ses études et devint instituteur dès l'âge de 17 ans et secrétaire de mairie dans son village natal. En 1940, la Moselle étant annexée de fait par le Troisième Reich, le jeune Julien Freund fit preuve d’un courage exceptionnel en prenant volontairement la place d'un père de famille nombreuse (8 enfants) de son village pris en otage à la suite d'un attentat ayant coûté la vie à un soldat allemand. Son frère Antoine, enrôlé de force comme « malgré-nous » dans la Wehrmacht, fut blessé à la bataille d'Orel en Russie et déserta, ce qui aurait dû entraîner la déportation du reste de la famille qui œuvrait par ailleurs dans la résistance lorraine et faisait partie de réseaux de passeurs lorrains. Fort heureusement, ils réussirent, grâce à une complicité, à faire disparaître le dossier compromettant détenu par la Gestapo. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il participa activement à la Résistance.
Martine Laprise, Sara Sonia Formery Regazzoni