Farhat Hached (فرحات حشاد), né le à El Abassia (Kerkennah) et assassiné le près de Radès, est un leader syndical et nationaliste tunisien. En 1946, à 32 ans, il a unifié le syndicalisme de son pays sous la bannière de l'Union générale tunisienne du travail, dont il est élu secrétaire général à l'unanimité, puis lui a donné une notoriété internationale pour renforcer la cause de l'indépendance face au pouvoir colonial français. Avec Habib Bourguiba et Salah Ben Youssef, il est l'un des principaux chefs de file du mouvement national tunisien. Alors que le premier est arrêté et le second recherché, la nouvelle de son assassinat en décembre 1952, après des menaces par voie de presse, déclenche des grèves et manifestations dans une quinzaine de pays, qui dégénèrent au Maroc par les émeutes des 7 et 8 décembre à Casablanca. Selon les historiens, il a été assassiné par la Main rouge, une organisation armée défendant la présence française en Tunisie, qui servait de paravent au SDECE, le service de renseignement placé sous l'autorité directe du président du Conseil français, Antoine Pinay, qui avait consulté le résident général Jean de Hauteclocque. Fils de Mohamed Hached, un marin, et de Hana Ben Romdhane, il reste huit ans à l'école primaire du village de Kellabine dirigée par un directeur français. Il obtient en 1929 le certificat d'études primaires mais la mort de son père l'oblige à interrompre ses études et à entrer dans la vie professionnelle. En 1930, il devient employé à la Société du transport du Sahel, basée à Sousse, où il se voit offrir un poste de convoyeur. Il crée la même année au sein de son entreprise un syndicat de base, affilié à la Confédération générale du travail (CGT) française, entamant par la même occasion ses débuts dans le mouvement syndical tunisien. Il accède à des responsabilités diverses aux niveaux local et régional puis dans l'administration centrale auprès d'Albert Bouzanquet. En conséquence, il est renvoyé de son emploi en 1939.