Les gens du Livre ou ahl al-kitâb (اهل الكتاب) sont ceux à qui, selon le Coran, les messages divins ont été révélés à travers un livre révélé à un prophète. Pour l'islam, le concept s'applique aux peuples monothéistes dont la religion est fondée sur des enseignements divins à travers un livre révélé à un prophète et enseigné par ce dernier. Pour les musulmans orthodoxes ceci inclut au moins tous les chrétiens, juifs (karaïtes et samaritains inclus), et les sabéens (généralement identifiés aux mandéens). Le concept s'étend parfois aux zoroastriens qui bénéficient de ce statut par leur livre saint, l'Avesta. L'expression « Gens du livre » revient une trentaine de fois dans le texte coranique. Il y désigne les peuples ayant reçu un livre sacré, par l'intermédiaire d'un prophète. Les peuples concernés sont donc principalement les juifs et les chrétiens. Le Coran utilise ce livre pour former une identité au peuple désigné. Ainsi, les chrétiens sont appelés « Gens de l'Évangile » (Cor. 5.47). Le Coran est ambigu vis-à-vis de ces communautés, mettant parfois l'accent sur les liens de Foi mais plus souvent sur leurs échecs, leurs jalousies, etc. Ces évolutions pourraient être associées aux rapports qu'entretient Mahomet avec ces communautés. Le Coran est particulièrement dur contre ces peuples qui n'ont pas reconnu la sacralité du Coran. Celui-ci les accuse de s’être détourné de Dieu et d'avoir falsifié ses Écritures. Certains groupes minoritaires de musulmans refusent de dialoguer avec les « gens du livre », s'appuyant sur le début du verset 29 de la sourate 9 : . Néanmoins, dans d'autres versets, le Coran invite à une certaine tolérance vis-à-vis de ces peuples qui, bien qu'infidèles, ne sont pas mis au niveau des polythéistes. Ainsi, si ces derniers n'ont pas d'autres choix que la conversion à l'islam ou la mort, ce n'est pas le cas des « gens du livre » qui forment une communauté qu'il est légal de côtoyer. Par exemple, les musulmans ont le droit de manger la nourriture des juifs et des chrétiens (Cor. 5.5).