Le Parti socialiste unifié d’Allemagne (Sozialistische Einheitspartei Deutschlands, SED) était un parti politique de la République démocratique allemande (RDA) d'obédience communiste qui tenait le rôle dirigeant du Front national de la République démocratique allemande, coalition de partis autorisés par le régime est-allemand. En tant que seul grand parti autorisé, il joua en Allemagne de l'Est le rôle d'un parti unique, possédant le monopole de l'action politique au sein de ce pays en contrôlant directement les trois pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire. Parti marxiste-léniniste né en 1946 de l'union forcée du SPD et du KPD dans la zone d'occupation soviétique en Allemagne et dans les secteurs de Berlin, étroitement contrôlé par l'Union soviétique, il devint rapidement le parti des cadres et de l'État de la RDA. Lors de la révolution pacifique en RDA en 1989-1990, le SED perd sa position dominante, se dote d'un nouveau programme et change de nom pour devenir en février 1990 le Parti du socialisme démocratique (PDS), puis se fondre en 2007 dans le parti de gauche Die Linke. Fusion du Parti communiste d'Allemagne et du Parti social-démocrate d'Allemagne En , les Soviétiques obligent les membres du Parti social-démocrate (SPD) et du Parti communiste (KPD) en activité dans leur zone d'occupation à fusionner au sein d'un seul et unique parti marxiste-léniniste (dans les zones occidentales d'occupation, les instances de ces mêmes partis en activité n'étaient donc pas concernées par cette fusion) : le SED est alors fondé, son organisation étant calquée sur celle du Parti communiste de l'Union soviétique, la propagande montre cette fusion comme une fusion volontaire. Le communiste Wilhelm Pieck et le social-démocrate Otto Grotewohl en furent conjointement les premiers dirigeants. Malgré une épuration assez poussée, notamment dans l'administration, l'historien Jan Foitzik affirme qu'en 1954, le parti aurait compté 27 % d'anciens militants du Parti nazi. Un rapport de 1954 fait cependant état de 8,6 % d'anciens membres du NSDAP dans les rangs du SED.
Eugen Brühwiler, Philippe Schiltz