vignette|Tente enveloppant une maison de Los Angeles pour une fumigation.|alt= La fumigation est l'opération consistant à introduire un gaz ou une substance donnant naissance à un gaz dans l'atmosphère d'une enceinte partiellement ou totalement fermée (ou dans le sol, dans le cas de pesticides fumigants) en vue d'y détruire des organismes vivants dits « nuisibles ». Il s'agissait autrefois de combustion de végétaux produisant des vapeurs chargées des principes actifs de la plante. On pouvait aussi produire de la vapeur d'eau chargée de ces principes actifs ; par exemple en y faisant bouillir des feuilles d'eucalyptus, dans une pièce qu'on voulait désinfecter. La fumée de certains végétaux qu'on brûle lentement comme de l'encens peut aussi servir aux fumigations, y compris dans des cérémonies religieuses. Il s'agit alors d'offrande aux ancêtres, à des esprits, à un dieu ou aux dieux (selon les religions ou cérémonies considérées). Une fumigation passe par trois phases opératoires : la production du gaz et mise sous gaz (ce qui implique que la zone à traiter soit confinée) ; l'exposition au gaz (ce qui nécessite un délai minimum de contact, donc de confinement) ; le dégazage. Certains produits étant toxiques, ces phases sont en France régie par l'arrêté du « relatif aux conditions générales d'emploi de certains fumigants en agriculture et dispositions particulières visant le bromure de méthyle, le phosphure d'hydrogène et l'acide cyanhydrique », et la circulaire du « relative à l'utilisation du phosphure d'aluminium en agriculture ». La fumigation est autorisée, à certaines conditions (législation) pour des produits alimentaires (fruits, légumes) ou des matériaux (bois). L'inhalation de fumée de feuilles ou de résines ( breu en Amazonie) a un rôle médical et souvent purificateur, par exemple dans des rituels de cérémonie de la fumée chez les Amérindiens au Canada, ou de la fumigation au monde pour les Tibétains. Pour soigner les maux féminins que l'on attribuait alors principalement à l'utérus, durant l'Antiquité, les Grecques préconisaient des fumigations orales, nasales ou vaginales.
Luiz Felippe De Alencastro, Edouard René Gilbert Lehmann, Jean-Jacques Stéphane Nfon Dibie