Le haïbun est une composition littéraire mêlant prose et haïku. La Sente étroite du Bout-du-Monde de Bashō est l'un des exemples les plus célèbres du genre. L’histoire de la littérature japonaise remonte à l’aube du , réservant très tôt une place primordiale à la poésie. En ce temps-là, la littérature, apanage de la Cour, revêt des formes variées telles que chroniques, annales, notes, tandis qu’apparaissent les premières anthologies poétiques. Le waka, poème lyrique court de 5-7-5 et 7-7 syllabes, ancêtre du tanka, relève d’une pratique courante chez les gens de condition, hommes et femmes, au point qu’au il soit central dans les échanges de correspondance où il s’enrichit de commentaires écrits en prose. À l’époque médiévale, les nikki (notes de voyage, mémoires et journaux) sont déjà nombreux. Ils constituent assurément un terreau propice à l’éclosion de cette prose littéraire poétique des plus abouties, que Matsuo Bashô mettra magnifiquement à l’honneur dans son célèbre haïbun La Sente étroite du bout du monde , inspiré par son périple entrepris en 1689 vers le Nord du Japon. Dans ses traductions intitulées Journaux de Voyage , René Sieffert commente les récits de Bashō : « Ses journaux de voyage sont composés en prose rythmée parsemée, de-ci de-là, de hokku dans lesquels se cristallise une impression fugitive, longuement préparée par la description d’un paysage, par une méditation devant un vestige du passé, devant un site illustre ». Le terme haibun est utilisé pour la première fois par le poète du siècle Matsuo Bashō, dans une lettre à son disciple Mukai Kyorai en 1690. Par la suite, au début du XIXe siècle, Kobayashi Issa aussi nous a laissé plusieurs textes célèbres de haibun, dont le Oraga haru (おらが春) et le Chichi no shūen nikki (父の終焉日記)- cette dernière œuvre passant pour être à l'origine du genre watakushi shōsetsu ("roman à la première personne" ou "roman naturaliste") dans la littérature japonaise, avant même toute influence occidentale .