La Croisade de Barbastro est une expédition prêchée par le pape Alexandre pour prendre aux Maures la cité espagnole de Barbastro (dans l'actuelle Aragon). Une importante armée, composée de combattants venus de toute la chrétienté occidentale, participa au siège de la cité (1064). Cette guerre est un épisode de la Reconquista, mais le caractère international de son armée, ainsi que le soutien de la papauté, en font un prélude aux Croisades. Le pape Alexandre fut le premier à prêcher la Reconquista en 1064, la présentant comme une urgence de la Chrétienté. Elle fut également prêchée en Bourgogne, probablement avec le soutien de l'abbé Hugues de Cluny, frère de Thomas de Châlon qui mena un détachement. La volonté de participer à la croisade se propagea ailleurs qu'en France, selon le moine Aimé du Mont-Cassin, qui note que étaient présents au siège. De fait, une importante armée, composée principalement de Français et de Bourguignons, d'un contingent pontifical (avec quelques Normands), et une armée de combattants catalans et aragonais, étaient présentes à Barbastro en 1064 quand le siège débuta. Le chef du contingent papal était un Normand du nom de Guillaume de Montreuil ; celui des Espagnols Sanche Ramirez, roi d'Aragon, royaume fortement menacé au sud par les Maures. Le plus gros contingent, celui des Aquitains, était conduit par Guillaume VIII (ou Guy-Geoffroi), duc d'Aquitaine. Bien que la composition de l'armée soit encore sujette à controverse, la présence majoritaire de combattants d'origine franque est généralement acceptée. Le duc d'Aquitaine conduisit son armée à travers les Pyrénées en passant par le col du Somport. Il fit la jonction avec l'armée catalane à Gérone au début de l'année 1064. L'armée complète prit Graus, qui avait d'abord résisté à deux assauts, puis marcha sur Barbastro, qui faisait alors partie du taïfa de Lérida, dirigé par al-Muzaffar. La cité, qui n'eut pas de secours depuis Lérida, et dont l'approvisionnement en eau avait été coupé, fut assiégée et rapidement prise.
Andreas Mortensen, Vincent Laporte