Itivuttaka (pali: « ceci a été dit » ou « ceci a été dit ainsi ») est le titre d'un sutra du canon pali dans le bouddhisme. Il constitue le quatrième livre de la série du Khuddaka Nikaya (« les textes courts »), et comprend cent douze brefs discours du Bouddha, en prose et en vers. Ces discours sont groupés en quatre sections, qui abordent tour à tour un, deux, trois ou quatre points, sur le modèle des Anguttara Nikaya. Itivukka est une expression signifiant « (Texte commençant par) "Ainsi a-t-il été dit" ». L'expression peut se comprendre ainsi : « Ceci a été dit (vuttam) par le Seigneur... ainsi (iti) l'ai-je entendu », d'où « les dires » ou « les choses ainsi dites ». Le recueil tire en fait son titre de la phrase qui ouvre chacun des cent douze sutras — et il diffère en cela de tous les autres textes du Tripitaka: « vuttaṃ hetaṃ bhagavatā vuttaṃ arahatā ti me sutaṃ », à savoir « Ainsi parlait le Bouddha, ainsi parlait l'Arahant ; ainsi ai-je entendu ». De la même manière, ils se terminent par « Ayaṃ pi attho vutto bhagavatā iti me sutaṃ », c'est-à-dire « et cela a été dit; c'est ce que j'ai entendu ». On ne trouve pas de mention du lieu où ces discours ont été tenus, ce qui s'explique, selon les commentaires, par le fait qu'ils ont tous été tenus à Kosambi, où une disciple laïque du nom de Khujjuttarâ les entendit. Celle-ci était une servante de Sâmâvati, la reine consort du roi . Après avoir rencontré et entendu le Bouddha, elle était devenue une « entrée dans le courant », et elle avait converti aux enseignements du Bouddha les autres femmes au service de la reine. On rapporte qu'elle écoutait régulièrement le Bouddha et qu'elle répéta par la suite ses propos aux femmes du palais. Elle aurait également introduit la formule initiale que l'on trouve dans chaque sutra, afin de souligner qu'elle se contentait de rapporter les paroles du Bouddha. Toutefois, cette tradition remonte seulement au commentaire de (vers le ).