Le muscimole ou muscimol est le principal alcaloïde psychoactif des champignons du groupe des Amanites. Le muscimole agit principalement comme agoniste sur les récepteurs GABAA et possède des propriétés hallucinogènes. Le muscimole est produit naturellement par les espèces Amanita muscaria, Amanita pantherina et Amanita gemmata, au même titre que la muscarine et l’acide iboténique. Peu concentré dans le champignon frais, sa concentration augmente lors du séchage car il se forme par décarboxylation de l'acide iboténique. Ceci explique qu’il soit consommé séché durant les cérémonies chamaniques. L’amanite tue-mouches serait le premier hallucinogène de l’humanité. Les premiers cultes de Dionysos reposaient sur la consommation d’amanites tue-mouches. Les peuples d'Europe du nord, de Sibérie et les Indiens d’Amérique du Nord les consommaient au cours de rituels chamaniques ou de manière récréative. L’amanite tue-mouches serait à l’origine de l’Arbre cosmique, l’Arbre de la connaissance, l’Herbe de vie, la Plante d’Immortalité, le Fruit Défendu... Ainsi le chamanisme primitif laisse son empreinte dans les religions. L’« ivresse » provoquée par l’amanite tue-mouches fut comprise comme la manifestation de pouvoirs divins. On peut voir dans l’épisode de la Genèse les Arbres du paradis et le fruit défendu sous la forme de l’amanite tue-mouches. Le muscimol se substitue au neurotransmetteur GABA, il parvient à prendre sa place et se fixe sur le récepteur, modifiant les messages nerveux électriques. Une fois absorbé par le tube digestif, le muscimole, soluble dans le sang, va subir des transformations et suivre le cours de la circulation sanguine, et surtout atteindre les régions du cerveau. Ainsi il peut changer les qualités subjectives de la perception, de la pensée et de l’émotion (hallucinations). La dose psychoactive de muscimole est de l'ordre de . Avec le muscimol, le signal est engendré par des mouvements d’ions chlorure entrant et sortant du neurone via des canaux dont le passage est contrôlé par les récepteurs GABAA.
Nako Nakatsuka, Dmitry Momotenko