Le troisième œil ou œil pinéal ou encore œil pariétal est un organe photosensible situé sur le haut du crâne de certains reptiles. Il existerait de manière vestigiale chez l'être humain sous la forme de la glande pinéale. Chez les reptiles, il est beaucoup plus petit que les yeux latéraux et est composé d'une rétine et d'un nerf qui passe par un orifice dans le crâne, le foramen pariétal, pour relier la glande pinéale. L'expérimentation a démontré que le troisième œil est fonctionnel, non tant comme récepteur d'images mais en permettant de percevoir l'intensité de l'éclairement, facteur décisif dans l'écologie des reptiles qui en disposent. L'appellation troisième œil est utilisée pour désigner l'ensemble des cellules thermosensibles que possèdent certains reptiles tel le crotale au bout de leur museau et qui leur permet de chasser efficacement en résolvant le mimétisme de leur proies. En effet, même si la proie se masque en s'immobilisant ou en se fondant dans le paysage par sa couleur ou sa forme elle ne peut changer sa température : le crotale semble pouvoir différencier deux signatures thermiques avec une précision au millième de degré centigrade. L'anatomie et l'embryologie comparées de la glande pinéale montrent que certains de ses neurones partagent une origine évolutionnaire commune avec les photorécepteurs de la rétine des yeux. Il a existé chez les dinosaures et se retrouve chez les reptiles contemporains comme le sphénodon. Mais chez les adultes le troisième œil est masqué par une écaille car durant l'évolution il a semble-t-il perdu de son influence au profit des yeux latéraux. Il s'agit alors d'un organe vestigial. Il est possible qu'il ait jadis servi à détecter un éventuel prédateur aérien. Ainsi chez certains reptiles et oiseaux, la glande pinéale qui est située juste sous la surface du crâne, capte l'intensité lumineuse extérieure et permet ainsi d'ajuster le rythme circadien de l'animal, ce qui fait qu'on la désigne parfois comme le troisième œil des vertébrés primitifs.
Pierre Magistretti, Jean-Luc Martin