La blanchité (aussi blanchitude ou blancheur, issu de l'anglais : whiteness) est un néologisme décrivant un ensemble de concepts des sciences politiques utilisés par la critical race theory, les études postcoloniales, les études de genre, les cultural studies, et dans certaines analyses sur la construction socioculturelle. Elle peut décrire : un mode de problématisation des rapports sociaux de race ; l’hégémonie sociale, culturelle et politique blanche à laquelle sont confrontées les minorités ethnoraciales ; ou encore, aux États-Unis, un ensemble d'éléments considéré caractéristique des Américains blancs. L'usage universitaire contemporain du concept de blanchité ou blanchitude renvoie aux anglo-saxonnes. Le terme « blanchité » est la traduction de whiteness par la chercheuse en études féministes et afro-américaines (1956-) en 2002. Ezekiel (Université d'État Wright (Ohio) et Université Toulouse-Jean-Jaurès) préfère ce dernier terme à « blanchitude », puisque celui-ci consisterait en « une affirmation de ce qui serait positif dans une culture « blanche », ce qui est parfaitement contradictoire avec le concept [de whiteness] ». En effet, selon Ezekiel, blanchitude renverrait à négritude, le mouvement littéraire et artistique des années 1920-1940 cherchant à valoriser les aspects positifs de la culture ou de l'identité noire, modèle sur lequel s'est ensuite basée la philosophe spécialiste du féminisme Marie-Josèphe Dhavernas pour créer le mot de « féminitude » en 1978, pour « désigner ce féminisme qui valorisait une soi-disant « nature » féminine (qu'on a plus tard appelé différentialisme ou essentialisme) ». Le terme de blanchitude effacerait, par le renvois à la négritude, le caractère asymétrique des rapports et le status hégémonique du « whiteness ». Une des auteurs pionnières des whiteness studies est l'écrivaine américaine Toni Morrison (1931-2019) qui, dans Playing In The Dark: Whiteness and the Literary Imagination (1990), réalise une méta-analyse critique de l’expression de la « blanchité » et du « blackness » dans la littérature canonique américaine dont les auteurs sont « Blancs ».