Le clivage du moi (en Ichspaltung) est la séparation du Moi en deux parties qui coexistent dans le Moi : l'une, correspondant à la réalité extérieure à satisfaire, contrarie l'exigence pulsionnelle de l'autre. D'après le Vocabulaire de la psychanalyse, le terme « clivage du Moi » désigne un phénomène que Sigmund Freud observe surtout dans le fétichisme et la psychose : . Tandis que l'une des parties tient compte de la réalité, l'autre dénie la réalité en cause pour la remplacer par une : les deux attitudes persistent ensemble et ne s'influencent pas réciproquement. « Clivage » est la traduction adoptée en français pour Spaltung en allemand, terme dont les emplois par de nombreux auteurs sont anciens et variés en psychanalyse comme en psychiatrie : il signifie la division de l'homme avec lui-même. En psychopathologie de la fin du , sont évoquées, à propos de l'hystérie et de l'hypnose, des notions qui s'en rapprochent telles que le « dédoublement de la personnalité », la « double conscience », la « dissociation des phénomènes psychologiques ». « Clivage de la conscience » (Bewusstseinsspaltung), « clivage du contenu de conscience », « clivage psychique », sont des expressions utilisées par Josef Breuer et Sigmund Freud dans les domaines de l'hystérie et de l'hypnose ; Janet, Breuer et Freud passent à l'idée d'une . Chez Eugen Bleuler, le terme de Spaltung désigne le symptôme fondamental des affections regroupées sous le nom de schizophrénie, hypothèse que, selon Laplanche et Pontalis, Freud ne fait pas sienne : à partir de la fin des années 1920 (Fetichismus, 1927), il va reprendre la notion de clivage . La notion de clivage du Moi proprement dite apparaît surtout dans les articles sur le Fétichisme (1927), Le clivage du moi dans les processus de défense (1938) et dans l' Abrégé de psychanalyse (1938) où il est également question de la psychose : Freud y met essentiellement en cause et dégage un mécanisme spécifique du fétichisme et présent dans la psychose, le déni (Verleugnung), dont le prototype est le déni de la castration.