Le est un monument littéraire qui constitue l'un des sommets de la pensée japonaise (voire universelle). Il s'agit de l’œuvre majeure, et inachevée, de Maître Dôgen (1200 - 1253), le fondateur du Zen Sôto au Japon, rédigée de 1231 jusqu'à sa mort. Le Shôbôgenzô est une collection de textes qui, tous, frappent par leur originalité et leur caractère poétique, mais qui sont aussi souvent déroutants. Plusieurs d'entre eux sont des commentaires et des développements de Dôgen autour de kôans chinois de la tradition bouddhique. Cette œuvre riche et polysémique, dont le sens ne peut être circonscrit dans la tradition herméneutique occidentale, sollicite l'engagement du lecteur bien au-delà d'une approche purement académique et universitaire. Shôbôgenzô (正法眼蔵, Japonais: Shôbôgenzô, Chinois: Zhèngfă-yǎncáng), est le titre générique que Dôgen a lui-même donné à son recueil, et qui peut être traduit par Le Trésor de l’œil du vrai dharma (Gudō Wafu Nishijima, Kazuaki Tanahashi), Le Trésor de l'Œil de la Vraie Loi (Bernard Faure), Le Trésor de l’œil de la loi authentique (Pierre Nakimovitch) ou encore La vraie Loi, Trésor de l'Œil (Yoko Orimo, qui fait une analyse sémantique du titre). Ce titre fait référence à un épisode probablement inauthentique de la vie du Bouddha, sur le « mont des Vautours », lorsque le Vénéré signifie qu'il transmet la Loi à Mahâkâsyapa, en commençant son adresse par ces quelques mots « J'ai le trésor de l’œil de la loi authentique... ». Dôgen fait souvent référence à cet épisode, et le choix de ce titre marque en fait la volonté d'un retour aux sources du bouddhisme, au-delà du sectarisme des écoles. Dans ces conditions, ce titre Shôbôgenzô pourrait être considéré comme l'abrégé de la parole complète du Bouddha (voir encadré ci-contre), Dôgen se posant ainsi en héritier direct de Bouddha et Mahâkâsyapa pour le Japon. Charles Vacher propose alors de traduire Shôbôgenzô par Trésor de la vision juste, comme un résumé de la parole de la transmission par le Bouddha sur le mont des Vautours. vignette|upright=0.