Hans Haacke, né en 1936 à Cologne, est considéré comme un artiste de l'objet et artiste conceptuel allemand. Après avoir poursuivi des études à la Staatliche Werkakademie de Cassel, il obtient une bourse du DAAD pour un séjour d'études à Paris où il fréquente les ateliers de gravure de Stanley William Hayter, l'Atelier 17. Son travail vise alors la mise en évidence de phénomènes physiques et biologiques. La démarche artistique de Hans Haacke est ensuite de dénoncer les connivences entre le milieu des affaires, de la politique, de l'art et de la culture. Son travail est proche du journalisme d'investigation, et Haacke se défend de vouloir faire passer de contenus politiques. Son mot d'ordre serait "citoyens, réveillez-vous !". Il avive la vigilance du spectateur citoyen, il entretient sa conscience. Il participe au Salon des réalités nouvelles en 1966 à Paris. En 1971 il crée une œuvre titrée qui était en fait un rapport précis dévoilant des actions spéculatives d'un groupe immobilier New-Yorkais a priori lié aux dirigeants du musée Guggenheim) qu'il veut exposer lors d'une exposition solo qui lui était dédiée au musée Guggenheim de New York ; le Musée juge alors l’œuvre « inadéquate » et la refuse, annulant l'exposition, moment qui a marqué le domaine du discours artistique anti-institutionnel aux États-Unis. En 1986, Il expose Les Must de Rembrandt au Consortium à Dijon. En 1990, Hans Haacke est invité à Berlin Ouest à participer avec dix autres artistes à l’exposition collective Die Endlichkeit der Freiheit (En fin de compte, la liberté) financée par la ville de Berlin et la D A A D (office allemand d'échanges universitaires). L’exposition sera constituée d’œuvres publiques temporaires. Chaque proposition devra comporter des parcelles de chaque côté d’un Berlin qui ne sera réunifié que quelques mois plus tard. Dans la logique des « ready-made », il décide d’investir deux tours de guet en pierre, situées au pied du mur qui sépare Berlin, rue Heinrich Heinequi.
Roberto Gargiani, Beatrice Lampariello