Le terme médicalisation fait référence à l'avènement des soins de santé publique et de la médecine moderne, ainsi qu'à l'émergence de la médecine moderne en tant qu'institution sociale. Le processus de médicalisation s'est déroulé en même temps que le développement des sciences modernes, et dans un contexte d'industrialisation et d'urbanisation croissante, ainsi que de problèmes d'ordre épidémiologiques. La médicalisation est souvent vue comme une innovation et un progrès social, et comme ayant notamment fait baisser les taux de mortalité, bien qu'il y ait des critiques quant à l'ingérence du médical dans la vie privée et la pathologisation de comportements sociaux et de problèmes sociaux, comme la médicalisation de la criminalité. En sciences sociales, il s'agit d'un processus menant à l'institution de la médecine. Le plus souvent, il désigne un élément de « progrès » dans le domaine sanitaire et social, avec une connotation positive. Il s'oppose ainsi à la sous-médicalisation (insuffisance ou inégalité des systèmes de santé, d'accès aux soins, etc.) Pour d'autres, la médicalisation représente un « impérialisme médical », où le savoir et les techniques médicales sont à l'origine d'un pouvoir médical. La médicalisation est aussi un processus par lequel une représentation, une pratique ou un état social tendent à entrer dans le champ de la médecine. Ce processus a été modélisé par et Joseph Schneider, notamment. Les excès de la médicalisation conduisent à une surmédicalisation : surmédicalisation des accouchements à la maternité, invention par les firmes de nouvelles maladies et la surmédicalisation qu'elles engendrent. En Europe, « la fécondité réduite et le vieillissement de la population conduisent à une surmédicalisation générale, notamment des personnes âgées de plus en plus nombreuses ». Selon Jean-Pierre Goubert, il existe une troisième signification de la médicalisation moderne, celle « qui fait porter le chapeau au corps médical dans la mesure où la médecine est devenue actuellement le dépotoir de l'insoluble à l'intérieur d'une société bloquée ».
Silvestro Micera, Sara Mazzucato
Antonia Neels, Marianne Liebi, Tiberiu Totu
Grégoire Casimir Joseph Surrel