Le francien désigne un dialecte de la langue d'oïl, parlé à l’époque médiévale dans l'ancienne Île-de-France et dans l’Orléanais, mais également en Touraine et dans le Berry, ainsi que dans le Bourbonnais. Le francilien désigne, plus spécifiquement, la variété qui était parlée en Île-de-France. Le terme « francien » est un néologisme des linguistes du pour désigner le parler de Paris, et de l'ancienne Île-de-France en général, correspondant au domaine royal, avant l'établissement de la langue française comme langue standard. Sa première attestation date de 1889 par Gaston Paris. L’hypothèse de son existence a été reprise par les grammairiens, qui voyaient la langue française comme une « lignée directe et pure » du latin, et réduisaient ainsi les apports des autres parlers romans de France. Selon cette théorie du développement du français élaborée au , le francien aurait été choisi comme langue officielle parmi les diverses variétés d'oïl en concurrence. Elle place le francien avec ces dernières dans le continuum linguistique et avance qu’il a été imposé comme une langue administrative, l'objectif étant notamment de remplacer le latin. Cette vision est aujourd’hui largement abandonnée. Ainsi, Bernard Cerquiglini décrit le francien comme une invention du pour expliquer l'évolution du français aux . Cependant, même si les mots « francien » et « francilien » ne sont attestés nulle part au Moyen Âge, à la différence du picard ou du bourguignon, cela n’exclut pas qu’on parlait à cette époque sur l’aire de l’Île-de-France une variété d’oïl minimalement différenciée par rapport à celles des régions voisines. Et ce « francilien », si on juge d’après ce qu’il en restait dans L’Atlas linguistique de la France en 1900, devait être plus homomorphe avec l'angevin qu'avec le picard ou le bourguignon. Du reste, il existait bien autrefois une variété d’oïl nommée simplement « françois » (ou « françoys », prononcé [frãswɛ], puis [frãsɛ]). Le même sens de « français » se trouve d’ailleurs encore aujourd’hui dans « Vexin français », que l’on peut opposer à « Vexin normand ».