L’équivalence ricardienne (aussi appelé effet Ricardo-Barro, ou encore théorème d'équivalence néo-ricardienne) est une théorie économique selon laquelle, lorsque l'État s'endette pour effectuer une relance budgétaire, les agents économiques sont capables d'anticiper rationnellement une future hausse des impôts et ainsi réduisent leur consommation, contrecarrant l'effet de la relance budgétaire sur l'activité. Cette théorie conclut à l'inefficacité des politiques budgétaires sur la croissance économique. Face aux résultats des études empiriques, plusieurs économistes ont proposé de nuancer la théorie de l'équivalence ricardienne. Cette conjecture a été énoncée en premier lieu par David Ricardo, économiste classique du . Selon lui, il y aurait, sous certaines conditions, équivalence entre l'augmentation de la dette publique aujourd'hui et l'augmentation des impôts requise demain pour le remboursement de cette dette et le paiement des intérêts. La solution du financement d'une guerre par l’État en levant 20 millions de livres sterling d'impôt serait identique à la solution de l'émission de titres de dette. Cette théorie avait déjà fait l'objet d'une intuition exprimée par Mirabeau, qui écrit en 1787 dans une lettre au roi de France : . L'économiste Robert Barro reprend cette conjecture en 1974 en la modernisant, dans un article majeur de l'histoire de la pensée économique : « Are government bonds net wealth? » (Journal of Political Economy). Pour lui, dès lors que les agents économiques se comportent de manière rationnelle, une politique de relance (distribution de revenus financée par la dette publique) ne les poussera pas à consommer, mais plutôt à épargner, en prévision de hausses d’impôts futures. L'explication sous-jacente est que pour financer sa relance, l’État doit emprunter. La dette n'étant que l'impôt de demain, dès lors qu'on émet l'hypothèse que les dépenses publiques sont neutres économiquement (qu'elles ne peuvent pas influer sur la production), un endettement au moment t implique nécessairement une hausse d'impôts à t+1.