Une bulle pontificale (ou « bulle papale » ou « bulle apostolique ») est un document scellé (du latin bulla, « sceau ») par lequel le pape pose un acte juridique important tel que l’indiction d’une année sainte, une nomination épiscopale, une définition dogmatique, la convocation d’un concile ou une canonisation. Le document relève habituellement du gouvernement pastoral de l'Église catholique, et s'adresse à l’ensemble des fidèles ou parfois aux païens. Il est ordinairement désigné par son incipit. Sa promulgation s'appelle une . Par son universalité, la bulle se distingue de la décrétale qui concerne en général l'administration ecclésiale et s'adresse surtout au clergé, une décrétale pouvant devenir une bulle lorsque son sujet prend de l'importance. À l'origine, le terme désigne le sceau de métal, en plomb ou en or, attaché à un document pour l'authentifier. Adoptant une pratique en cours à Byzance, la chancellerie papale commence au à authentifier ses documents d’un sceau de plomb (la bulla) pour les documents ordinaires, d’une bulla d’or ou d’argent pour d’autres plus importants. Des cordelettes de soie ou chanvre insérées dans le sceau tenaient le document fermé. Sur le sceau (au ) étaient frappés, d’un côté, les visages des apôtres Pierre et Paul, sur l’autre, le nom du pape régnant. Les bulles les plus anciennes qui soient parvenues jusqu'à nous sont celles de Léon , pape de 440 à 461. À partir du , les documents qui portaient ce sceau furent eux-mêmes appelés bulles. Depuis le environ, le terme est réservé aux lettres apostoliques fermées par le sceau de plomb. La papauté prétendant longtemps à un pouvoir temporel et à une juridiction universelle, la réception et la publication de certaines bulles ont plus d'une fois été l'occasion de conflits entre les États, catholiques ou autres, et l’Église. Les deux pouvoirs s’affrontaient : les gouvernements revendiquaient le droit d'examiner les bulles avant de leur accorder l'exequatur, et le Saint-Siège refusait d'admettre cette revendication.