Le yuan est l'ancienne unité monétaire de la république de Chine, entre 1912 et 1949. Il a été remplacé par le yuan renminbi au moment de la formation de la république populaire de Chine. Il fut de 1889 à 1911, une unité de transaction internationale équivalant au dollar, et complémentaire du wén. Sous le régime de la Chine impériale, en 1889, et du fait en partie de la pression des Occidentaux, est créée une monnaie de transaction internationale basée sur le dollar espagnol, d'un poids d'argent de 27 g à 900 millièmes. Appelé yuan d'argent, il pèse exactement le même poids que la pièce de 1 dollar américain, la piastre indochinoise, le dollar des Établissements des détroits et le yen d'argent. Il représente 72 % d'un tael ou 7 tsin (錢) et 2 candarins. Dans le cadre d'un système décimal, il équivaut sur le marché chinois interne à wén, ou 100 fen, ou 10 jiao. La plupart des monnaies circulantes en Chine sont produites à partir du cuivre. Jamais avant 1889 la Chine n'a produit de monnaie officielle en argent : c'est seulement sous la dynastie Ming (1368-1644) que les services fiscaux de l'empire se servent de l'argent métal comme base pour calculer l'impôt (à partir du sycee) et aussi comme garantie d'une nouvelle monnaie fiduciaire, le baochao (jusqu'en 1440), et qu'au cours des siècles suivants, la demande interne en argent augmente du fait de l'accélération des échanges internationaux. Le Japon, puis l'Empire espagnol, sont alors les deux fournisseurs de ce métal monétaire ; à partir de 1799, ce sont les États-Unis qui deviennent le premier exportateur d'argent métal vers la Chine, et ce jusqu'en 1833. L'argent et l'or ne circulent qu'au sein d'une minorité de la population, la haute bourgeoisie et l'aristocratie, ainsi qu'entre les négociants, orfèvres, militaires et les politiques. Entre 1770 et 1880, c'est la pièce de huit réaux espagnole, puis celle de 1 peso mexicain (au même poids), qui dominent largement les volumes d'argent monétaire importé : les Chinois, peu habitués à ces types monétaires, et outre la barrière de la langue, surnommèrent la première fotoumian (« tête de Bouddha ») en référence au portrait royal qui y figure.