Épisode important de l'histoire du Premier Empire, le blocus continental (ou de manière abrégée, le Blocus) est le nom donné à la politique suivie par , qui tentait de ruiner le Royaume-Uni en l'empêchant de commercer avec le reste de l'Europe, engagée par le décret de Berlin en . Le blocus continental prend fin en , avec le départ de Napoléon pour l'île d'Elbe. Lors de la signature, en mars 1802, de la paix d'Amiens entre la France et le Royaume-Uni, la France napoléonienne se trouve quasiment au sommet de sa gloire. Outre la confirmation de la possession de la Belgique et du port d'Anvers, cet accord lui rend ses colonies, confirmant ainsi l'empire comme puissance mondiale commerciale et politique. La rupture de la paix, généralement attribuée au Royaume-Uni, change largement la donne. Le Royaume-Uni en effet s'empare à nouveau des colonies françaises, détruit quasi totalement la flotte française à Trafalgar et s'assure la maîtrise des océans. Napoléon reconnaît alors l'impossibilité de lutter sur le domaine maritime et, comme il le déclare dans une lettre adressée à son frère, Louis, roi de Hollande, tente de reconquérir les colonies par terre, et de vaincre la mer par la terre en privant le Royaume-Uni de ses alliés et en déplaçant le combat sur les domaines financier et commercial. Dès 1806, les ports français ainsi que les embouchures de l'Ems, du Weser et de l'Elbe sont fermés aux marchandises britanniques. Cependant, celles-ci sont introduites sur le continent par d'autres voies et Napoléon doit trouver des moyens plus rigoureux pour parvenir à ses fins. Le Royaume-Uni lui-même lui montre la voie en déclarant tous les ports entre Brest et Hambourg en état de blocus, y compris pour les nations neutres. Cette déclaration provoque une vive réaction de l'Empereur, débouchant sur le concept de blocus continental. L'événement qui force la décision est l'instauration par les Anglais de leur propre blocus en . Talleyrand s'en indigne et écrit à Napoléon qu'un tel procédé justifie pleinement que l'on « oppose à l'ennemi les armes dont il se sert ».