L'expression « belles-lettres » désigne un corpus d'œuvres distinguées pour leur valeur littéraire, et, par métonymie, l'étude de ces textes (le mot humanités est également employé dans ce sens). Elle a également servi à qualifier, de manière péjorative ou laudative, une tradition et des courants littéraires selon des critères esthétiques et humanistes. Le terme évoquait, à la Renaissance, les auteurs antiques et l'étude de leurs œuvres établies comme modèles obligés pour l'écriture. Au cours de la période du Classicisme, la figure des « belles-lettres » a suivi les évolutions majeures qu'a connues la littérature, au centre de quelques questions d'esthétique : érudition ou pédantisme, style personnel ou normatif, rhétorique ou art littéraire, opposant les langues anciennes au français, ou la connaissance poétique à la science savante. À partir du , les œuvres du Grand Siècle sont ajoutées au canon littéraire, et les belles-lettres connaissent un regain de faveur, avant un déclin progressif depuis la défaite de 1870 jusqu'à nos jours. La tradition des belles-lettres, c'est Virgile prenant Homère comme modèle pour l'Énéide, Racine s'inspirant à son tour de Virgile pour Andromaque, Chateaubriand plaçant Racine dans le panthéon des Classiques, enfin la critique contemporaine reconnaissant dans Chateaubriand le style de Bossuet et des Anciens. L'enseignement des belles-lettres est celui de l'histoire d'une pensée et d'un humanisme. Au début du , Pétrarque, en réaction à la décadence de la civilisation chrétienne, s'applique à faire revivre la culture grecque et romaine de l'Antiquité classique, dans une nostalgie de la science et de la sagesse de l'empire gréco-romain. Les chefs-d'œuvre de la littérature antique doivent constituer le nouveau point de départ, et l'Antiquité fournir un patrimoine philosophique, scientifique, oratoire, littéraire et artistique. En 1341 Pétrarque reçoit une consécration publique pour l'Africa, épopée en langue latine sur un modèle virgilien, et non pas pour le Canzoniere écrit en langue vernaculaire.