Le multiethnisme définit le principe d'un pays, d'une société, d'une famille ou d'une personne qui assume la diversité de ses composantes et origines nationales ou ethniques. Le terme provient du latin multi signifiant « plusieurs » et du grec / éthnos désignant les origines. Le multiethnisme est un terme à manier avec précaution car le terme « ethnique » est polysémique et discuté. Tout d'abord, il dérive de l'un des quatre mots qui, en grec ancien, servaient à désigner les groupes humains : / genos signifiant « famille, clan, tribu », / laos signifiant « peuple assemblé, foule », / dêmos signifiant « peuple du lieu, citoyens » et / éthnos signifiant « gens de même origine ». Ensuite, ethnos est naturalisé allemand en 1787 et « ethnie » apparaît en 1896 en français chez l'anthropologue Georges Vacher de Lapouge. Les concepts d'ethnie et de multiethnisme sont en jeu dans les notions juridiques de « droit du sang » et de « droit du sol ». Le législateur peut, conformément au « droit du sang », prendre en compte l'identité ethnique au risque de créer des différences de droit selon les origines, ou bien la reléguer dans la sphère privée et uniquement culturelle conformément au « droit du sol » afin d'assurer l'égalité de statut légal de toutes les personnes vivant sur un même territoire, travaillant dans la même entreprise ou appartenant à la même confession religieuse, indépendamment de leurs origines. En France, le terme « multiethnisme » reste très rarement employé avant les années 1980. Il commence à être davantage utilisé dans les débats autour de la mondialisation, du multiculturalisme, du métissage et du « vivre-ensemble ». Il peut prendre une connotation positive en référence au melting-pot artistique, sportif et social, en parallèle avec le concept de multiculturalisme, et en lien avec la notion d'« égalité des chances ». Il peut aussi prendre une connotation négative dans la thèse du « grand remplacement » de Renaud Camus, et plus largement dans les mouvements ségrégationnistes et identitaires.