LArmée rouge (en Красная армия, ou plus exactement Рабоче-крестьянская Красная армия, Rabotche-krestianskaïa Krasnaïa armia, « l'Armée rouge des ouvriers et paysans ») était l'armée mise sur pied dans l'ancien Empire russe par le nouveau pouvoir bolchévique, à la suite de la révolution d'Octobre, afin de combattre la contre-révolution des Armées blanches soutenues par les puissances étrangères (France, Royaume-Uni, Tchécoslovaquie, États-Unis, empire du Japon). Le terme a une connotation révolutionnaire. En 1946, un an après la fin de la Seconde Guerre mondiale, cette armée, tout en gardant en Occident le surnom d'Armée rouge, prend le nom officiel dArmée soviétique (Советская армия, Sovietskaïa armia), qu'elle conservera jusqu’à la dislocation de l'Union soviétique en décembre 1991 lorsqu'elle deviendra les Forces armées de la fédération de Russie. Révolution russe Après le renversement du gouvernement provisoire d'Alexandre Kerensky, dans la nuit du 24 au 25 octobre (6 au 7 novembre dans notre calendrier grégorien) 1917, les bolchéviks ne disposent que des volontaires de la Garde rouge et de quelques unités d'élite comme les Tirailleurs lettons, pour asseoir leur pouvoir politique. Au vu des leçons de la Commune de Paris (première insurrection ouvrière), les bolcheviks veulent disposer d'un instrument militaire puissant, pour combattre les forces qui leur sont hostiles. Dès le 15 janvier (28 janvier) 1918, un décret du Conseil des commissaires du peuple transforme la Garde rouge en Armée rouge des ouvriers et paysans, et le 23 février, ont lieu les premières levées de masse à Petrograd et Moscou et le premier combat contre l'armée impériale allemande sur le front de l'Est. Le 23 février devient un jour férié en Union soviétique, celui des défenseurs de la patrie. Cette nouvelle force armée n'est pour l'instant qu'une levée de volontaires, menée au combat par des officiers élus, certes motivée politiquement, mais dépourvue d'expérience militaire.