Le cyrénaïsme est une école de philosophie grecque du , fondée par Aristippe de Cyrène, un des « Socratiques », c'est-à-dire un des disciples de Socrate. L'école est surtout associée à l'hédonisme en éthique. L'école demeura surtout dans la cité de Cyrène, en Libye, ce qui explique qu'on les appelle Cyrénaïques (ou Cyrénéens). Aristippe de Cyrène fut le fondateur de cette école. La deuxième génération, d'après Diogène Laërce, compta sa fille Arété de Cyrène, Ptolémée d'Éthiopie et Antipatros de Cyrène. Puis la troisième génération comprend Aristippe le Jeune (dit aussi le Mètrodidacte, car sa mère Arété l'éduqua), Théodore, surnommé d’abord l’Athée, puis le Divin, et des disciples d'Antipatros qui furent Épiménide de Cyrène, Parébate, Hégésias de Cyrène, qui conseillait le suicide, et Annicéris (à ne pas confondre avec Annicéris, ami et « libérateur » de Platon). Certains historiens pensent que c'est en fait Aristippe le Jeune qui formula la plupart des thèses attribuées traditionnellement à son aïeul, peut-être en réaction aux doctrines d'Épicure, qui fut peut-être contemporain de cette troisième génération. D'autres pensent au contraire que certains hédonistes modérés comme Annicéris ou Théodore l'Athée inspirèrent les idées d'Épicure, qui fit la synthèse de l'atomisme abdéritain et des Cyrénéens. Il ne nous reste aucun document des Cyrénaïques et nous n'avons accès qu'à des citations indirectes. Selon les témoignages sur l’école des Cyrénaïques, le plaisir est le souverain bien, la fin de la vie humaine ; ils définissent ce bien suprême comme « un mouvement doux accompagné de sensation ». Le plaisir est un mouvement doux, alors que la douleur est un mouvement rude. Cette définition s'oppose donc à l'hédonisme modérée d'Épicure pour qui le plaisir réside dans l'ataraxie, c'est-à-dire une sorte de repos consistant en la privation des souffrances. Ce repos serait insuffisant pour les Cyrénaïques, semblable à un sommeil, une apathie s'il n'y a pas de sensation, et non un vrai bonheur.