Le poinçon typographique est une tige d'acier sur laquelle est ciselée la forme inversée du caractère (vue de face, la forme du caractère est inversée, comme le sera le caractère définitif), qui sera frappée sur un bloc de cuivre appelé matrice où seront fondus les caractères mobiles. La gravure des poinçons est donc la première étape dans le processus matériel de l’imprimerie de Gutenberg. L'art de graver manuellement des poinçons a été développé au à partir des techniques de gravure des médailleurs. En France, il est pratiqué jusqu'à nos jours par des artistes-artisans formés à l'école Estienne (École supérieure des arts et Industries graphiques), à l'école Boulle (École supérieure d'arts appliqués) et, plus récemment, dans le cadre du dispositif Maître d'art – Élève. La gravure de poinçons typographiques a été inscrite à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France en 2018. L’usage du poinçon est partie intégrante de l’« invention » de Gutenberg, qui regroupe les procédés de fabrication des caractères mobiles et l’usage de la presse typographique. Gutenberg était au départ orfèvre et connaissait donc particulièrement le travail du métal. C’est Pierre Schoeffer, un des associés de Gutenberg à Mayence, qui mit au point de manière quasi-définitive la technique de la gravure des poinçons. Le poinçon est frappé dans une pièce de cuivre (métal plus mou) qui reçoit donc ce caractère en creux (vue de face, la forme de la lettre est dans le sens de lecture « normal »). Cette pièce de cuivre (dite matrice) est ensuite ajustée puis utilisée pour fermer le moule dans lequel le fondeur vient couler l’alliage de plomb, antimoine et étain qui va produire le caractère mobile. L’opération est répétée autant de fois que nécessaire. Les caractères, rangés dans une casse, sont ensuite assemblés pour former des blocs de texte qui, une fois encrés, serviront à imprimer une feuille de papier dans une presse typographique. La gravure de poinçons est un art difficile, requérant un long apprentissage et rares sont les créateurs de caractères qui ont gravé eux-mêmes leurs poinçons.