La Corse-Sardaigne (Corsica et Sardinia en latin) est une province romaine. Les Phéniciens sont les premiers à fonder des comptoirs commerciaux en Corse et en Sardaigne : Caralis (Cagliari), Tharros (Torre di San Giovanni), mais les Grecs de Phocée les concurrencent avec leurs colonies d’Alalia (actuelle Aléria) en Corse (fondée vers 560 ) et de Terranova Pausania (Olbia) en Sardaigne. Les Carthaginois aidés des Étrusques vainquent les Phocéens à Alalia en -535. La Sardaigne, puis la Corse, passent sous le contrôle de Carthage. Lors de la première guerre punique, les Romains attaquent la Sardaigne dès -259, mais ne s’en emparent pas. Après la défaite de Carthage en -241, les mercenaires sardes au service de Carthage se révoltent en -238 et demandent l’aide des Romains. Ceux-ci déclarent à nouveau la guerre à Carthage et envoient leur flotte de guerre. En -229, Carthage cède à Rome la Corse et la Sardaigne, perdant ainsi deux places stratégiques en mer Tyrrhénienne. Lors de la deuxième guerre punique (218-201), les Carthaginois tentent en vain de reprendre la Sardaigne. Les Romains, maîtres des côtes et des plaines, mettent près d’un siècle à soumettre les populations indigènes de l’intérieur des îles. Durant l'hiver -39 -38, Menas livre la Sardaigne et la Corse à Octavien, en échange d'argent, dont une grande partie de la flotte des Pompée ainsi que plusieurs légions. Il est nommé au sein de l'Ordre équestre entre autres récompenses... En -27, enfin largement pacifiées, elles deviennent une province sénatoriale, mais l’insécurité que fait régner le brigandage oblige à la transformer vers 66 en province impériale pour y envoyer des légions. Jugées peu attirantes en raison de leur rudesse, la Corse et la Sardaigne servent plusieurs fois de lieu de bannissement durant l’Empire romain : en 19, Tibère a envoyé en Sardaigne plusieurs milliers de juifs de Rome accusés de prosélytisme, afin qu'ils luttent contre les brigands et travaillent aux mines.