vignette|droite|300px|Séance de cure de Sakel à Helsinki dans les années 1950 La cure de Sakel, du nom du psychiatre Manfred Sakel (1900-1957) consistait en des comas insuliniques provoqués par injection (réalisant une hypoglycémie profonde), suivis d'un re-sucrage progressif dans un contexte de maternage réalisé par un infirmier. On espérait alors une guérison rapide de la schizophrénie avec un taux de succès élevé, entre 50 et 80%. En réalité, la technique fut utilisée pendant des dizaines d'années sans jamais être testée scientifiquement. Lorsque cela fut fait, on se rendit compte que les comas insuliniques n'avaient absolument aucun effet spécifique par rapport à l'anesthésie, tandis qu'ils provoquaient des effets secondaires particulièrement graves, dont l'obésité, les lésions cérébrales et la mort. La cure de Sakel fut alors remplacée par les neuroleptiques. Principalement utilisées entre les années 1930 et 1960, cette thérapie de choc n'est plus utilisée aujourd'hui. En 1927 Manfred Sakel, qui a récemment obtenu son diplôme de médecin à Vienne et qui travaille dans une clinique psychiatrique à Berlin, commence à utiliser de faibles doses d'insuline pour traiter les opiomanes et les psychopathes. Certains patients sombrent dans un coma hypoglycémique parce qu'ils sont particulièrement sensible à l'insuline ou parce qu'une trop grande dose est utilisée. Manfred Sakel fait alors une constatation clinique inattendue : à leur réveil, des patients à la fois opiomanes et délirants ont moins de symptômes délirants ; autre avantage, une baisse de glycémie ouvre l'appétit, ce qui permet d'inciter des patients catatoniques à accepter de s'alimenter. De retour à Vienne, Manfred Sakel se met à traiter des patients schizophrènes avec de plus grandes doses d'insuline afin de produire un coma hypoglycémique. Parfois, ce coma hypoglycémique provoque une crise d'épilepsie, mais ce n'était pas l'objectif du traitement. Sakel rend public ses résultats en faisant paraître trois articles entre 1933 et 1936.
Michael Herzog, Maya Roinishvili
Michael Herzog, Christine Mohr, Ophélie Gladys Favrod, Guillaume Sierro
Michael Herzog, Maya Roinishvili, Ophélie Gladys Favrod