Le terme self est la traduction anglaise du soi. Il est utilisé en psychologie selon plusieurs acceptions, pas toutes compatibles. En psychanalyse, il se réfère à la notion de Donald Woods Winnicott qui a notamment distingué le vrai self du faux : Le vrai self désigne l'image que le sujet se fait de lui-même et qui correspond à ce qu'il est et perçoit à travers une réaction authentique. Winnicott explique qu'au stade le plus primitif, « le vrai self est la position théorique d'où provient le geste spontané et l'idée personnelle ». Le faux self est de nature défensive ou, dans l'état de santé, adaptative. Il a pour fonction de « dissimuler et de protéger le vrai self, quel qu'il puisse être ». Dans le développement le plus courant (non pathologique), à mesure que les capacités du très jeune enfant progressent, la mère initialement parfaite cesse de l'être (pour celui-ci). Des inadaptations adviennent, inévitablement, mais qui sont en partie rattrapées, et progressivement compensées par les capacités intellectuelles grandissantes de l'enfant. L'enfant fait tout d'abord l'expérience illusoire de l'omnipotence. En effet, sa mère s'adapte parfaitement à lui. Lorsque survient une tension ou un besoin, la mère fournit au nourrisson de quoi le soulager. Ce dernier a alors l'illusion d'avoir créé, précisément au moment où il en avait besoin, ce qui allait le satisfaire. Il prend ainsi confiance en une réalité extérieure dans laquelle se trouvent les moyens de répondre à ses besoins. Le monde vaut ainsi la peine d'être connu et la vie vaut la peine d'être vécue puisque (à ce stade), ils répondent à ses besoins ordinaires. Ils participent « magiquement » à son bien-être. C'est l'origine de la pensée magique qui correspond à un stade archaïque du développement du nourrisson. Grossièrement, il lui suffit de demander ce qu'il désire pour l'obtenir.
Olaf Blanke, Nathan Quentin Faivre, Giulio Rognini, Hyeongdong Park, Pavo Orepic
Delphine Ribes Lemay, Nicolas Henchoz, Emily Clare Groves, Margherita Motta, Andrea Regula Schneider