Un targoum (pluriel : targoumim) est une traduction de la Bible hébraïque en araméen. Ce sont des traductions araméennes de livres bibliques, faites pour le service synagogal, dans la période qui suivit la captivité de Babylone (587-538 avant J.-C.). De nombreux targoumim furent écrits ou compilés, en terre d'Israël ou en Babylonie depuis l'époque du Second Temple jusqu'au Haut Moyen Âge. Davantage que de simples traductions, les targoumim offrent un reflet de l'interprétation rabbinique de la Bible, qui apparaît quel que soit le degré de fidélité de la traduction au texte massorétique. Selon l'École Biblique de Jérusalem, « les targoum sont plutôt des commentaires souples (que des traductions), destinés à éclairer un texte obscur. Ils offrent donc un moyen privilégié d'accéder à la Bible hébraïque, telle qu'elle était effectivement comprise dans le peuple ». Le mot Targum est dérivé de la racine sémitique trgm, qui donne l'hébreu תורגמן, et le terme akkadien targummanu fait référence à « traducteur, interprète ». Il apparaît dans la Bible hébraïque dans le Livre d'Esdras 4:7 « ... et l'écriture de la lettre a été écrite en araméen (aramit) et interprétée (meturgam ) en araméen ». L'étymologie de tourdjoumân pourrait remonter au mot targumannum (« interprète ») présent dans les tablettes cunéiformes akkadiennes de Kültepe/Kanesh (Kayseri) au début du millénaire avant notre ère. Il dériverait du verbe hittite tarkummai- (« annoncer, traduire »). La racine signifiant « interprète » existe aussi en kartvèle (géorgien notamment), sous la forme tardjimin ainsi qu'en arménien sous la forme tarkman : on ne peut donc pas exclure qu'il s'agisse d'une origine qui pourrait être aussi bien sémitique qu'indo-européenne, hourrite ou même kartvèle, c'est-à-dire l'une des familles linguistiques anciennement présentes sur les rivages orientaux de la mer Noire et autour du lac de Van (voir Urartu). Au Moyen Âge, avec les Arabes, la plupart des traducteurs (en arabe tourdjoumân ou turǧumān (ترجمان )) étaient juifs.