Le traité de Verdun est un traité conclu en par les trois fils survivants de Louis le Pieux, donc petits-fils de Charlemagne, qui se partagent ses territoires appelés Empire carolingien en trois royaumes. Il est souvent présenté comme le début de la dissolution de l'Empire unitaire de Charlemagne, consacrant ainsi sa division, qui se révèlera en fait définitive (si l'on met de côté une éphémère réunification sous le règne de ), et du même coup l'un des principaux actes fondateurs de ce qui deviendra la France et l'Allemagne. Ce traité est la conséquence de l'application de la coutume franque qui est fondée sur le partage de l'héritage entre tous les fils héritiers plutôt que son attribution seulement au fils aîné, en dépit de la règle de primogéniture masculine (agnatique) appliquée chez les Romains. Le texte du traité, perdu, ne nous est pas connu. Les annales de Saint-Bertin et les annales de Fulda relatent cet événement d'une manière laconique et imprécise. C'est à la suite de ce traité que la zone géographique appelée « Gaule » depuis plus de mille ans est désignée désormais sous le nom de « Francie occidentale », qui donnera le terme « France » ultérieurement. À la mort de Louis le Pieux, le , son fils aîné, Lothaire, s'arroge sa succession en vertu de l'Ordinatio Imperii de . En 840, Lothaire est en fait en position de force par rapport à ses deux rivaux Louis et Charles. Quand le premier doit affronter des troubles intérieurs dans son royaume de Bavière, le second doit, lui, reconquérir la confiance des grands de son royaume d'Aquitaine, qui avaient été séduits par Pépin et refusaient de reconnaître Charles. Lothaire l'a très bien compris et profite de la situation pour envoyer des messagers un peu partout dans l'Empire, mais surtout dans le royaume d'Aquitaine, afin de récupérer les partisans de Pépin, décédé en 838. Cette stratégie fonctionne puisque le fils de Pépin, , prend parti pour Lothaire. Louis le Germanique et son demi-frère Charles le Chauve comprennent vite qu'ils doivent s'allier pour contrer les ambitions de Lothaire.