En psychologie et psycholinguistique, le mentalisme (du latin mens, « esprit ») est une approche qui vise à comprendre le fonctionnement de l'esprit humain et plus particulièrement de la conscience en utilisant largement l'introspection. La question de la scientificité de cette approche, longtemps décriée en raison de certains défauts imputés à l’introspection, a cessé de se poser avec la disparition, au cours du , de la psychologie mentaliste proprement dite et l'émergence du paradigme cognitiviste. Construit sur une dérivation de l'adjectif mental, lui même élaboré par contraste avec spirituel, pour y insister sur la dimension d'intellect, le terme de mentalisme est d'abord employé en philosophie, qui, jusqu'au , englobe ce qui deviendra la psychologie. Cet article décrit principalement la version psychologique du mentalisme, mais la notion de mentalisme a aussi été employée de manière plus anecdotique en philosophie proprement dite, notamment par le philosophe anglais Henry Sidgwick (1838-1900) qui l'utilise pour décrire une thèse à l'opposée du matérialisme. La version psychologique de la tradition mentaliste est apparue au , dans l'héritage des philosophies spiritualistes et positivistes. De la première, elle a gardé l'intérêt pour les grandes questions concernant l'esprit humain et notamment de l'étude de la conscience. Et c'est en réaction à la psychologie philosophique d'un Maine de Biran (1766-1824) que ces psychologues défendent la méthode scientifique qui a fait faire des progrès majeurs aux sciences naturelles au cours du siècle. On parle ainsi de mentalisme classique pour désigner ces tenants de la psychologie introspectives, comme Edward Titchener (1867-1927) ou William James qui, s'appuyant sur les méthodes développées par la psychologie physiologique pour se préserver des illusions et des erreurs de la « psychologie populaire » tentent d'explorer scientifiquement les grandes questions qui échappent parfois à la psychophysique – malgré l'exemple de la psychologie structuraliste de Wilhelm Wundt qui ne renonce pas à l'étude de phénomènes complexes comme l'attention.