Le terme groove vient de l'expression anglaise in the groove (littéralement « dans le sillon ») signifiant « dans le rythme », « dans la note » dans l'argot des musiciens de jazz. Le terme est utilisé dans la musique populaire noire américaine à partir du . Il désigne tout d'abord un « rythme régulier » puis un « jeu inspiré », un « jeu superbe » (d'où le verbe « groove », « jouer de façon inspirée », « jouer magnifiquement bien ») et enfin un style musical, aux sonorités chaudes et au rythme chaloupé, mêlant funk, dance et soul. Dans la musique populaire, le terme groove s'applique en premier au rythme, un terme utilisé en référence à la mesure et à l'embellissement des sections rythmiques. Richard Middleton (1999) le décrit ainsi : . En d'autres termes, le groove est une sensation et une dynamique spécifique appliquées à un motif rythmique régulier, comme le swing en jazz. C'est aussi un terme musical, d'abord utilisé en jazz, qui désigne notamment une rythmique s'appuyant sur le premier temps de la mesure, caractéristique du funk de James Brown, mais dont l'usage est galvaudé puisqu'il s'applique autant au funk qu'au R'n'B moderne et au rap. Les maisons de disques et les médias ne sont pas étrangers à cette confusion sémantique dans la mesure où ce mot a été et demeure toujours employé comme argument commercial fourre-tout (slogans, noms de compilations et d'émissions, etc.). Le groove peut se définir aussi par un jeu rythmique orchestral autour du tempo : composé de notes brillantes (la caisse claire et les notes en bascule aiguës de la basse ou de la contrebasse) jouées toujours en attaque avant la pulsation (jeu before the beat grosso modo une double croche avant le temps) alors que le reste (notamment le jeu de grosse caisse, de cymbales ou de notes graves de basse jouées sur le temps) joue sur la pulsation (on the beat) ou mieux encore juste après elle (after the beat, grosso modo une double croche après la pulsation).
Martin Alois Rohrmeier, Fabian Claude Moss, Robert Lieck
Martin Alois Rohrmeier, Fabian Claude Moss