L'Acte de suprématie est un texte de loi qui définit la « suprématie » du souverain d'Angleterre, même dans le domaine religieux. Cette loi est un texte fondateur de l'Église anglicane au , définissant celle-ci comme « voie moyenne » entre le catholicisme et le puritanisme calviniste. C'est une des étapes fondamentales de la Réforme anglaise, qui va également entraîner le début de persécutions anticatholiques dans le royaume. Cet acte fut promulgué en Angleterre le : Henri VIII avait demandé en vain au Saint-Siège l'annulation de son mariage avec Catherine d'Aragon qui ne lui avait pas donné d’héritier mâle. Passant outre l’obstruction papale et faisant voter l'annulation par une cour ecclésiastique anglaise, Henri VIII est excommunié. En retour, il fait voter l’Acte de Suprématie qui donne au roi et à ses successeurs le titre de « chef unique et suprême de l'Église d’Angleterre ». Aussitôt cet acte voté, Henri VIII met en application ses nouveaux pouvoirs en supprimant les monastères dont les biens sont sécularisés ; il oblige chaque paroisse d'Angleterre à se doter d’une Bible en anglais d'après la traduction de Tyndale (en 1526) pour le Nouveau Testament et de Coverdale (en 1535) pour la Bible en entier. Toute personne majeure devait prêter serment au roi comme chef absolu de l'Église. Parallèlement, le Parlement adopte le Treasons Act qui punit de mort tout manquement à ce serment. Thomas More en fut la victime la plus célèbre. En 1536, Henri fait également voter cet acte par le Parlement irlandais, ce qui entraîne la suppression des abbayes en Irlande. Mais Henri VIII reste attaché au contenu de la foi catholique et fait rédiger l’Acte des six articles (1539) qui condamnent les idées de Luther. Henri VIII a ainsi mis en place une Église d’Angleterre indépendante du Saint-Siège tout en conservant les traits de la religion catholique. Ce premier « acte de suprématie » fut abrogé par la souveraine catholique Marie en 1554. Élisabeth doit affronter les divisions religieuses entre catholiques et protestants.