vignette|upright=1.2|Heures d'Étienne Chevalier enluminées par Jean Fouquet, musée Condé, Chantilly, .Représentation d'un mystère consacré au martyre de sainte Apolline. Le mystère, initialement orthographié mistère (du latin médiéval misterium, « cérémonie »), est un genre théâtral apparu au . Il se composait d'une succession de tableaux animés et dialogués écrits pour un public très large, mettant en œuvre des histoires et des légendes dont l'imagination et la croyance populaire s'étaient nourries. Le surnaturel et le réalisme s'y côtoyaient. La Passion du Christ était un de ses sujets traditionnels. Les auteurs de mystères se nomment des fatistes. Après une toute petite parenthèse, le théâtre renaît en Europe occidentale vers le lorsque la liturgie pascale commence à être agrémentée dans certaines églises de passages dramatiques, le plus ancien étant le Quem Quaeritis. « Qui cherchez-vous, servantes du Christ ? » demande un ange aux trois Marie venues se recueillir devant le sépulcre où le corps du Christ a été enseveli. « Jésus de Nazareth » répondent les saintes femmes auxquelles l'ange annonce alors la résurrection . Le manuscrit de la Regularis Concordia rédigé à la fin du par l'évêque de Winchester donne sur ce passage de précieuses indications scéniques. Ce premier Quem quaeritis inspire ensuite les jeux de la Nativité, l'ange s'adressant cette fois aux bergers puis aux rois mages. Ces noyaux dramatiques sont développés, de nouvelles scènes sont ajoutées, notamment le Massacre des innocents où apparaît Hérode qui restera le « méchant » archétypal du théâtre anglais jusqu'à la Renaissance. Les périodes de Pâques et de Noël restent les deux moments de l'année liturgique les plus féconds pour le développement du théâtre religieux. Ces premiers textes dramatiques en latin étaient chantés, comme en témoigne le Daniel de Beauvais ou le Jeu d'Hérode de Fleury.