Le Royaume de Dieu ou Règne de Dieu ou Royaume des cieux est un concept théologique à dimension eschatologique du judaïsme et du christianisme ainsi que, dans une moindre mesure, de l'islam. Il reprend un concept plus ancien de royauté divine que l'on trouve dans le Proche-Orient ancien. Le concept de Royaume de Dieu et l'annonce de sa venue forment le cœur de la prédication de Jésus de Nazareth. Dans le judaïsme ancien, l'élaboration de la notion de Règne de Dieu remonte aux Livre des Psaumes au travers desquels apparaît l'idée d'une royauté permanente et éternelle du Dieu d'Israël. Cette royauté divine est associée au Temple - « Palais de Dieu » qui figure la réplique terrestre du sanctuaire céleste en même temps que le lieu de la résidence du Dieu-Roi et de son culte terrestre. Lors de l'exil à Babylone, ce concept initial s'augmente, avec le prophète Isaïe, d'une idée de prise de pouvoir par Dieu et la notion de Règne de Dieu prend la signification d'une arrivée imminente de la présence souveraine et universelle de Dieu sur Israël et les nations. Les deux expressions « Royaume de Dieu » et « Règne de Dieu », traduisent les deux réalités, la première spatiale et la seconde temporelle, de cette royauté divine. Le Royaume de Dieu peut être compris tantôt comme réalité immanente, tantôt comme réalité transcendante, dans une conception qui varie, selon qu'elle porte sur une transformation spirituelle ou politique. Dans l'optique immanente, la royauté de Dieu sera parfois présentée comme directe, à instaurer, ou indirecte, à restaurer : dans ce dernier cas, dans une conception moins radicale que dans le premier, il s'agit d'exprimer une option politico-religieuse consistant principalement dans l'espérance de la venue d'un roi, « Fils de David ». Pour le judaïsme du , la royauté appartient à Dieu dont les souverains terrestres ne sont que des représentants. L'occupation romaine était consécutive à un état de péché d'Israël qui devait se disposer à accomplir la volonté de Dieu pour que lui soit révélé le royaume.