La géographie radicale est un mouvement qui prend place aux États-Unis dans les années 1960, dans un contexte de lutte pour les droits civiques et de contestation de la guerre du Vietnam. Le terme radical fédère des tendances diverses (anarchistes, marxistes, anticolonialistes...) dont le point commun est de se penser en opposition avec une géographie conventionnelle, accusée d'être au service des pouvoirs dominants. Elle a été définie comme , les géographes correspondant , et d'une manière générale comme une . William Bunge et David Harvey, géographes quantitativistes, se détournent de la géographie quantitative. Ils la trouvent trop proche et souvent au service des intérêts économiques dominants, trop proche de l'État complice « qu'elle fait en sorte de laisser hors champs » (Anne Clerval, 2012). Ces géographes veulent montrer qu'un autre point de vue existe, celui des populations traditionnellement exclues des pratiques intellectuelles occidentales (Merrifield, 1995), que le savoir produit doit servir non pas le pouvoir en place, mais la contestation politique de celui-ci par la proposition de solutions concrètes. La géographie radicale remet donc au centre du débat la notion de « praxis » chère à Karl Marx. (Bunge, 1971). La revue anglo-saxonne , porte-voix de la géographie radicale, est créée en 1969 par des géographes militants mal vus au sein du monde universitaire. Ils contestent le caractère « bourgeois », censé être apolitique, des recherches menées par les représentants de la géographie classique et de la nouvelle géographie néo-positiviste. Ils prônent un changement méthodologique majeur. C'est une rupture épistémologique majeure vis-à-vis de la géographie traditionnelle, qu'ils considèrent comme seulement pseudo-objective. Ces géographes mettent en évidence les contradictions inhérentes aux sciences sociales traditionnelles se définissant comme objectives dans leurs recherches « Il n'y a pas de chose objective, libre de tout jugement de valeur, et de science politiquement neutre, d'ailleurs toutes les sciences, et particulièrement les sciences sociales, qui serve à des fins politiques » (Peet, 1977), ce que W.