La timocratie ou timarchie est un régime politique évoqué par Platon, au Livre VIII, 545b-553a, de La République : c'est le gouvernement par ceux qui recherchent ce qui a du prix, de la valeur. L'ambiguïté du terme valeur en français est aussi présente dans la langue grecque : τιμάω (timáô) signifie fixer le prix d'une chose, mais aussi juger digne, récompenser, honorer, respecter. La timokratia (ἡ τιμοκρατία, ας) est l'Etat dans lequel la recherche des honneurs est le principal mobile. Rappelons qu'en grec, κρατώ (kratô) signifie dominer, régner ; aussi, en français, ...-cratie signifie le gouvernement de... . Dans la République, au livre VIII, Platon nomme timocratie la première étape de la dégénérescence du gouvernement de la Cité idéale, dans laquelle les meilleurs conduisent la vie politique, c'est-à-dire où une aristocratie est mise en place. Les jeunes gens (filles et garçons) sont éduqués en communauté, et l'on choisit parmi eux ceux qui font preuve de courage, d'abnégation, de détachement à l'égard du monde sensible pour en faire les gardiens de la Cité. Et parmi ces derniers, l'on retiendra ceux qui ont à la fois un goût pour la gymnastique et pour l'art de ces filles de Mnémosyne et de Zeus (ou de la Terre et du Ciel, selon d'autres traditions) qui président à la Pensée sous toutes ses formes, les Muses. Platon utilise le terme de musique en ce sens. Ces jeunes gens, montrant un goût pour les études intellectuelles, seront les philosophes, dont on fera des gouvernants. Mais la Cité, née dans l'Histoire, est fille de l'Histoire, et donc conduite à changer. Or ce qui est parfait ne peut, en changeant, que se dégrader. Alors, même ceux qui ont le « naturel philosophe » sont pervertis par le spectacle des injustices et des grossiers plaisirs, mais aussi par les sophistes, ces maîtres à ne penser qu'en termes de conquête du pouvoir, et non en termes de recherche du bien et du juste, autrement dit des maîtres qui détournent leurs élèves de l'authentique exercice de la pensée.