Sarrasins ou Sarrazins est l'un des noms donnés durant l'époque médiévale en Europe aux peuples arabes de confession musulmane. On les appelle aussi « Arabes », « Mahométans », « Ismaélites » ou « Agarènes ». D'autres termes sont employés également comme « Maures », qui renvoie aux Arabes et aux Berbères de l’Afrique du Nord après la conquête musulmane. Le terme de « Sarrasin » est déjà employé dans La Chanson de Roland (1080 de notre ère), texte dans lequel il s'applique aux Basques. Les mots « islam » et « musulmans » n'existaient pas en Occident médiéval. En français, « musulman » est mentionné pour la première fois en 1551 ; « islam » en 1697. Avant ces dates, on employait pour désigner la religion musulmane « loi de l'islam » ou « loi des Sarrasins ». En grec Σαρακηνοί (Sarakênoí, attesté depuis le ) désigne « ceux vivant sous la tente », les bédouins nomades également connus comme Arabes « scénites » au à l’époque de Ptolémée. Le singulier Sarakênos et le pluriel Sarakênoi ont donné en bas latin Sarracenus et Sarraceni. On retrouve le terme Saraceni chez les auteurs classiques latins des trois premiers siècles où il désignait une tribu arabe du Sinaï ou de la péninsule Arabique. Selon Philip Schaff, « Les écrivains grecs des premiers siècles le donnèrent aux Arabes bédouins d'Arabie orientale alors que d'autres l'utilisèrent pour désigner les Arabes de Syrie et de Palestine, d'autres pour les Berbères d'Afrique du Nord-Est. Le nom devint populaire durant la période des croisades. Consulter l'intéressant chapitre de La chute et le déclin de l'empire Romain d’Edouard Gibbon ». Ces relations étymologiques étaient alors peu évidentes et les propos d’Isidore de Séville () montrent comment l'histoire biblique dominait la pensée avant la période moderne : Contrairement à ce que certains pourraient penser, Jean Damascène n'est pas à l'origine de ce récit. Dans son ouvrage Des Hérésies, le terme « Sarrasin » est à rapprocher de Sarah, et les Arabes sont les descendants d’Abraham par Agar ; or, celle-ci a été renvoyée « les mains vides » par Sarah (en grec, ek tês Sarras kenous) ().