La révolte de Tambov (1920-1921) fut l'une des révoltes paysannes les plus importantes et les mieux organisées contre le régime bolchévique durant la guerre civile russe. L'insurrection eut lieu sur le territoire du gouvernement de Tambov, à moins de de Moscou. Un des principaux chefs de la rébellion fut Alexandre Antonov, un ancien membre du Parti socialiste révolutionnaire, ce qui amena les autorités soviétiques à qualifier le mouvement d’Antonovchtchina et ses partisans d’Antonovtsi. La révolte démarra à la suite de la réquisition forcée du grain (communément appelée prodrazvyorstka) par les autorités bolchéviques. En 1920, les réquisitions furent portées de de pouds dans la région. Les paysans réduisirent leur production de grain sachant que tout ce qu'ils ne consommeraient pas serait confisqué. Remplir les quotas équivalait à mourir de faim. La révolte débuta le dans la petite ville de Khitrovo, où se forma une armée paysanne locale baptisée armée bleue, par opposition aux autres armées de la guerre civile. Contrairement aux autres armées vertes ayant essaimé dans toute la Russie, l'armée bleue se reposait sur une organisation politique : l'« Union des paysans travailleurs », d'inspiration socialiste-révolutionnaire. Un congrès élu à Tambov abolit l'autorité soviétique et vota la création d'une assemblée constituante indépendante ; il fut également décidé de donner toute la terre aux paysans. La révolte de Tambov fut une des raisons qui poussèrent les bolchéviks à remplacer la Prodrazviorstka par la . Le , le parti bolchévik décida de faire circuler un avis parmi les paysans de la région annonçant le remplacement de la Prodrazviorstka. L'arrêté fut confirmé officiellement au congrès du parti. Le , les premiers avis circulèrent dans la région de Tambov. Alexandre Antonov, membre radical du Parti socialiste révolutionnaire, rejoignit l'aile bolchévique durant la révolution russe en 1917, avant de faire volte-face lorsque ces derniers instaurèrent leurs premières réformes agraires en 1918.