Un commissaire politique est un officier désigné auprès d'une unité militaire et répondant à une ligne hiérarchique politique, distincte de la hiérarchie militaire. Il répond à sa propre hiérarchie liée, dans les États communistes, à la police politique et non à la ligne de commandement militaire : par exemple, aucun soldat de l'Armée rouge n'ignorait que son autorité primait sur celle des gradés militaires. Pendant la Révolution française, les « représentants en mission » veillaient à ce que les décisions du Comité de salut public fussent bien appliquées comme ce dernier l'exigeait. Mais les véritables commissaires politiques, avec l'intitulé политический руководитель : « directeur politique », ont été institués en 1918 par Léon Trotski pour encadrer les administrations et surtout l'Armée rouge. Il n'existe aucun document prouvant que les « Représentants en mission » français ont pu inspirer Trotski, même si, compte tenu de sa culture, il est probable qu'il les connaissait. En russe, les commissaires politiques étaient dénommés politrouks (политру́к, abréviation de leur intitulé). Ils étaient choisis et nommés par le Conseil des commissaires du peuple (équivalent d'un Conseil des ministres). Ils pouvaient être affectés à des collectivités territoriales ou des unités d'habitation, des institutions civiles de toute taille, des navires civils ou militaires, et dans l'Armée rouge jusqu'au niveau du bataillon. Dans l'armée ou la marine, le commissaire politique répondait à une chaîne de commandement qui ne relevait pas de l'autorité militaire, mais était contrôlée par la Tchéka/Guépéou/NKVD/GRU/KGB (selon les différents noms qui se sont succédé ou doublé au fil des restructurations). Staline se servit (entre autres) des commissaires politiques pour « purger » l'Armée rouge de ses cadres jugés politiquement douteux en 1936-1938, ce qui élimina un grand nombre d'officiers compétents et contribua à ouvrir à l'Allemagne nazie, en 1941, la route de Léningrad, de Moscou et de Stalingrad.