La bataille de Covadonga est le nom rétrospectivement donné à une longue série d'escarmouches et embuscades pendant l'été 722 dans les pics d'Europe, au terme desquelles la colonne envoyée par le califat omeyyade, pour soumettre les Asturies et faire cesser les raids de Pélage, est détruite et son chef tué. En dépit des faibles effectifs en jeu et de l'absence d'une véritable bataille, son impact stratégique, politique et symbolique seront immenses ; Al-Andalus renonce à soumettre la région tandis que Pélage assoit son prestige et peut fonder le royaume des Asturies ; ses successeurs en feront un mythe fondateur héroïque agrémenté de légendes. C'est de cette victoire asturienne que l'on fait usuellement commencer la Reconquista, qui ne s'achèvera qu'en 1492, soit plus tard. Après la chute du royaume wisigoth en 711, des résistants aux Omeyyades se réfugient au nord de la péninsule Ibérique, dans la cordillère Cantabrique. Pélage, fils de Favila, Duc de Cantabrie, collabore au départ avec les musulmans établis à Gijón, mais il finit par prendre la tête du mouvement de résistance car il refuse de payer des tributs aux Omeyyades. Après avoir renforcé son armée avec les combattants qui continuent d'arriver en Cantabrie, il décide d'aller attaquer quelques petites garnisons omeyyades stationnées dans la région. Les Omeyyades, dont le siège du pouvoir dans la péninsule se trouve à Cordoue, ne semblent pas préoccupés outre mesure, du moins au début, par cette insurrection montagnarde qui agite cette région reculée et sans grand intérêt stratégique ni économique pour eux, d'autant plus que leurs ressources sont absorbées par les campagnes au-delà des Pyrénées contre le Royaume franc. Mais après la défaite à Toulouse en 721, le gouverneur d'Al-Andalus, Ambiza, décide de lancer en 722 une expédition punitive contre les Cantabres retranchés dans le bastion naturel de Liébana, y voyant une victoire facile qui remonterait le moral de ses troupes. Il charge Munuza, son subordonné au nord de la péninsule, qui a reçu le titre de gouverneur de Gijòn, de préparer l'expédition.