La guerre du Rif est une succession de conflits armés opposant les armées de l'empire colonial espagnol (de 1921 à 1927), alliées aux troupes françaises et marocaines (de 1925 à 1927), aux tribus berbères du Rif coalisées autour de leur chef, Abdelkrim el-Khattabi. Face aux Espagnols et aux Français exploitant le « terrain conquis » au siècle, la société rifaine est composée de tribus, dirigée par une assemblée et présidée par un chef, l’Amghar. Les uns comme les autres, outre leur rayonnement culturel ou économique, manifestent leur pouvoir par des démonstrations de force. Dans le cadre de sa politique de colonisation face à celle de la France, l'Espagne voulait ainsi étendre son contrôle sur des territoires au nord est du Maroc afin de protéger les ports qu'elle exploitait sur les côtes de la Méditerranée. Toutefois, c'était sans compter avec les autochtones, soucieux de préserver leur propre autorité et leur propre culture et de les défendre, d'où les exactions. De surcroît, le mode de vie et les structures sociales des parties en présence entrent en permanence en conflit indirect avec ceux des puissances coloniales, récemment implantées sur leur territoire. De conflits isolés, les affrontements deviennent peu à peu une guérilla, face à laquelle les méthodes militaires classiques doivent être adaptées. C'est aussi ce qui explique le décalage de l'implication française. vignette|Carte du Nord du Maroc indiquant les territoires sous protectorat espagnol. La zone nord du protectorat espagnol, telle qu'établie par le traité franco-marocain de Fès, puis de la convention franco-espagnole de Madrid de 1912, est couverte en partie par la chaîne de montagnes du Rif, qui est une des quatre chaînes du territoire marocain. Elle comprend alors, de l'ouest vers l'est, les territoires de quatre tribus : la Jbala-Luxos entre Tanger au nord et Alcazarquivir (Ksar El Kébir) au sud (Rif occidental) ; la Gomara (ou Chaouen) entre Oued-Laou au nord et Chaouen au sud (Rif occidental) ; le Rif central englobant la baie d'Al Hoceïma (anciennement Villa Sanjurjo) et enfin ; le Rif oriental ou Kert, de Midar à Berkane, comprenant Nador et Melilla (une partie du Rif oriental étant sous protectorat français et s'agissant de la province de Berkane et du nord des provinces de Taza, Guercif et Taourirt).