Sterkfontein (en afrikaans, traduit en français par source forte) est un site préhistorique constitué d'un ensemble de grottes situé dans la province du Gauteng, au nord-ouest de Johannesbourg, près de Krugersdorp, en Afrique du Sud. Le site a livré de nombreux fossiles d'Australopithèques et des vestiges lithiques du Paléolithique archaïque. Sterkfontein, avec les sites préhistoriques voisins de Swartkrans, Kromdraai, Wonder Cave, et une dizaine d'autres gisements du Gauteng, ont été inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco en 1999 sous la dénomination de Sites des hominidés fossiles d'Afrique du Sud. L'ensemble est aussi connu localement sous le nom de « Berceau de l’Humanité ». L’histoire de Sterkfontein, comme celle d’autres sites du Berceau de l’Humanité, est liée aux dépôts de calcaire présents dans ces grottes, utilisés pour le développement industriel de Johannesbourg, et en particulier pour la production de chaux entrant dans le procédé d’extraction de l’or, à la suite de la découverte de ce métal précieux en 1884 dans le bassin du Witwatersrand au sud de la ville. En , les grottes de Sterkfontein furent découvertes fortuitement à coups d'explosifs par Guglielmo Martinaglia, un mineur italien à la recherche de ces roches calcaires qui une fois chauffées produisent de la chaux. La présence de fossiles fut détectée dès le début des extractions des concrétions calcaires – un rapport d’un frère mariste en visite sur le site en atteste en 1898. Peu après l’ouverture des grottes, David Draper, géologue de la South African Geological Survey, a convaincu les exploitants miniers de préserver les concrétions calcaires de la grotte principale de Sterkfontein. Ce n’est qu’à partir de 1936 que des fouilles méthodiques ont débuté, sous la direction de Raymond Dart et Robert Broom de l’université du Witwatersrand. Ces fouilles conduisirent à la mise au jour de nombreux fossiles d'Australopithèques. En 1936 fut découvert le premier australopithèque adulte, apportant énormément de crédit à la position de Raymond Dart concernant le statut d’ancêtre de la lignée humaine proposée pour le fossile de l’« Enfant de Taung » publié en 1925.