Le Gaswagen (« camion à gaz ») était un véhicule équipé d'un compartiment hermétique dans lequel étaient rejetés, soit du monoxyde de carbone pur conditionné en bouteilles, soit les gaz d'échappement du véhicule. Le Troisième Reich s'en est servi comme méthode génocidaire pour gazer des personnes handicapées ou de religion juive au cours de la Seconde Guerre mondiale. Les camions étaient maquillés aux couleurs de la compagnie de café Kaiser (Kaiser's Kaffee-Geschäft Gmb). Les premiers camions à gaz ont été utilisés fin 1939, début 1940 dans le cadre de l'Aktion T4 pour asphyxier les malades mentaux des asiles d'aliénés de Pologne. On utilisait un fourgon hermétique attelé à une cabine tractrice sur laquelle était fixé un réservoir rempli d'oxyde de carbone pur sous pression relié par des tuyaux jusqu'à l'intérieur de l'enceinte. La deuxième génération de camions, celle employant les gaz d'échappement, se concrétise un peu plus tard, mi-, après qu'Heinrich Himmler a assisté près de Minsk à une exécution de Juifs par fusillade qui l'aurait incommodé. Il demanda à Arthur Nebe, chef de l'Einsatzgruppe B, de trouver un moyen plus efficace et plus « humain » que la fusillade pour tuer les victimes. Après avoir pensé à la dynamite, Arthur Nebe se souvint qu'il avait failli un jour s'intoxiquer dans son garage alors que le moteur de sa voiture était resté en marche. L'idée fut adoptée. Plusieurs types de camion furent utilisés, notamment des Opel Blitz de 3,5t et des Saurerwagen de Saurer Autriche, carrossés avec des caisses hermétiques par l'entreprise Gaubschat Fahrzeugwerke GmbH, principal constructeur de Gazwagen, qui, en juin 1942, avait livré vingt camions. Des camions d'autres constructeurs ont également été probablement utilisés. Le chef d'un atelier technique du RSHA Harry Wentritt fut chargé par Reinhard Heydrich de mettre au point le dispositif pour relier le tuyau d'échappement à l'intérieur du fourgon. La première expérimentation du camion à gaz eut lieu début novembre 1941 dans le camp de concentration de Oranienburg-Sachsenhausen sur des prisonniers de guerre russes.