La guerre italo-turque (turc : Trablusgarp Savaşı, « Guerre de Tripolitaine » ; italien : Guerra di Libia, « guerre de Libye ») est un conflit qui opposa l'Empire ottoman et le royaume d'Italie du au . Ce conflit permit à l'Italie de conquérir les provinces ottomanes de Tripolitaine, de Cyrénaïque et du Fezzan. Ces provinces formèrent une colonie, la Libye italienne. Durant ce conflit, les forces italiennes occupèrent le Dodécanèse dans la mer Égée. L'Italie avait accepté de rétrocéder ces îles à l'Empire ottoman lors du traité d'Ouchy (aussi connu sous le nom de traité de Lausanne car il fut signé au château d'Ouchy à Lausanne en Suisse). Cependant, par manque de précision du texte, la Turquie renonça finalement à ses revendications sur les îles du Dodécanèse au profit de l'Italie par l'article 15 du traité de Lausanne de 1923. Ce conflit fut un signe précurseur de la Première Guerre mondiale, car il réveilla les nationalismes dans les Balkans. Voyant la facilité avec laquelle les Italiens avaient battu les Ottomans désorganisés, les membres de la Ligue balkanique attaquèrent l'Empire ottoman avant même la fin des hostilités avec l'Italie. Le , le pilote italien Giulio Gavotti en mission de reconnaissance largua quatre grenades sur les troupes ottomanes réalisant ainsi le premier bombardement aérien de l'histoire. Le futur président de la Turquie et chef de la guerre d'indépendance turque, Mustafa Kemal Atatürk se distingua militairement dans ce conflit en tant que jeune officier. Unifiée tardivement, l'Italie arriva en retard sur le « marché colonial », elle chercha donc à se constituer un empire colonial à l'instar de ses voisins européens. Les revendications italiennes sur la Libye remontaient au congrès de Berlin en 1878, au cours duquel la France et le Royaume-Uni avaient obtenu l'occupation respective de la Tunisie et de Chypre, toutes deux provinces de l'Empire ottoman en déclin. Lorsque les diplomates italiens eurent laissé entendre une possible opposition au traité de la part de leur gouvernement, les Français leur répondirent que Tripoli pourrait être une contrepartie.