L’hygiène raciale (en allemand Rassenhygiene) est un concept raciste introduit par le médecin Alfred Ploetz en 1904 dans un article de la publication Archives de biologie raciste et sociale. D'emblée, les propositions de ce texte visant à soigner une population plutôt qu'un individu le placent dans le registre des pseudo-sciences. L'exploitation de ce concept, son instrumentalisation et son application par le pouvoir national-socialiste ont fait l'objet de nombreuses études et de rappels tant institutionnels que médiatiques. Des décrets et lois de l'année 1933 seront précurseurs du programme Aktion T4 et d'un programme de stérilisation contrainte, programmé par la Loi allemande sur la stérilisation forcée du 14 juillet 1933. Cette action programmée sous le Troisième Reich sera l'objet de diverses procédures judiciaires en 1945, dont le procès des médecins à la suite de prétendues expérimentations médicales. Dès la deuxième moitié du , ce concept et les théories qui l'accompagnaient sont invalidés et condamnés par les instances internationales. Alfred Ploetz s'associe en 1905 à trois personnes : à un juriste, au psychiatre Ernst Rüdin et à l'anthropologue Francis Galton, fondant l'« Association allemande pour l'hygiène de la race » (Deutsche Gesellschaft für Rassenhygiene), dont le but est de diffuser l'idée parmi les pays où, selon eux, réside la race nordique. Des antennes ouvrent donc en Suède, en Tchéquie et en Suisse. Les conséquences ne constituent donc pas qu'un phénomène uniquement allemand. En 1922, la Suède ouvre à Uppsala le . Contestée, cette théorie raciale fait néanmoins l'objet de polémiques parmi la communauté médicale et aboutit pendant les années 1920 à un consensus légitimant la future Aktion T4. Son influence grandit et va jouer un rôle central dans la définition des politiques racistes du Troisième Reich, une fois toute opposition intellectuelle comme politique balayée par la mise au pas succédant à la prise de pouvoir du Führer : désormais, seul le Rassenpolitisches Amt définit son programme.